Si je ne m’abuse, Humanised est le sixième album solo du bassiste suédois. J’avoue n’avoir jamais été un grand fan de ses albums, que je trouve assez plats et un peu trop langoureux à mon goût. Mais celui-ci change totalement mon appréciation du bassiste-guitariste chanteur, car il a forcé le propos et revient sur les terres du metal progressif soigné.
Le style est un peu plus hargneux que les précédents et se rapproche beaucoup des premiers Pain of Salvation. Je sais, la comparaison est facile vu qu’il faisait partie du groupe de son frère Daniel mais le style est vraiment commun, jusqu’aux intonations de voix graves et scandées, comme sur « Nothing lasts forever ». Et vu que le batteur de cet album n’est autre que notre talentueux Leo Margarit qui est l’actuel batteur de POS, on ressent immédiatement le jeu alambiqué et unique du français expatrié en Suède et il groove diablement, même sur les passages plus ardus et désynchronisés.
Le single « The almosts » a suffi d’être diffusé sur Youtube il y a quelques mois pour me décider à chroniquer l’album. Pourtant ce titre n’est pas représentatif de l’ensemble, il est même le plus « mainstream », d’où le choix de single, suis-je bête ! Il est en tout cas bougrement efficace.
Kristoffer s’est donc occupé de tout le reste, basse, guitares, voix, synthés et il en ressort une œuvre très introspective, sombre dans sa globalité mais très intéressante. Je n’accroche toujours pas à sa voix que je n’arrive pas à qualifier, tellement elle est trafiquée et agrémentée de couches supplémentaires de chants divers et d’effets. Mais tout cela sert sa musique et lui rend un côté très personnel et unique bienvenu.
Son jeu de basse est assez discret, à part sur le très planant « Nothing stays the same » où l’on ressent un bon groove assez lancinant et mouvant. Egalement dans « Before I fell asleep » où il s’amuse bien avec Leo (quel batteur surdoué quand même!) avec un bon moment mi-jazzy mi-metal prog, avec des chants rappelant à nouveau le leader de Pain of Salvation, période « The perfect Element ». Fascinant ce morceau, déroutant aussi, le plus prog de l’album.
Musicalement très bien composé, interprété avec brio et doté d’ambiances progressives obscures, ce Humanised me donne envie de me replonger dans sa discographie complète. Vraiment un très bon disque, délicatement noir, un peu à l’image de la pochette totalement barrée dont on ne distingue aucune forme précise...




